Memento ne occidas
souviens-toi de ne pas tuer ou révision de tu ne tueras point
La mort, partout. Aussi bien sous des bottes que des talons. Accepté, tel un cadeau. Un sacrifice profitable pour certains et nécessaire d’après d’autres 2 . Tellement de vies, réduites en poussières par la haine, mais aussi et surtout par l’appât du gain et l’indifférence.
Parmi tous ces meurtres, rendons hommage et n’oublions pas non plus les populations, exterminées, au nombre, bien que loin d’être insignifiant, souvent éclipsé par l’horreur de la rafle juive, principale cible nommée aux 6 millions de morts 1 . Je pense notamment à l’ensemble des LGBTQA+, des handicapés, des Tziganes, des Polonais, aux populations non blanches et tellement d’autres … 3
Ceci n’est qu’un regroupement de photos sans prétention aucune, certes, elles sont issues de deux mémoriaux juifs, mais finalement, ces lieux parlent de toutes ces personnes, l’ensemble de ces disparus.
Musée juif de Berlin
Ce musée, plus que son exposition, semble parler par son architecture. J’ai tenté du mieux que je le pouvais, de lui rendre hommage.
Je fus frappé de constater un côté brutal et carcéral, une retransmission de la perte de repères, une sensation d’égarement. Sur la partie basse du musée, nous évoluons dans un environnement non planaire, des sols comme des murs. La lumière me sembla tel un objectif inatteignable, une lueur d’espoir mensongère. Je doute que cela puisse se ressentir dans mes photos, j’espère qu’elles permettront de vous projeter.
De ce que j’ai cru en comprendre, le sol, jonché de masques représenterait des morts sur lesquels nous évoluons. Vision de la torture endurée au visage difforme.
Construit lui aussi sur cette idée de perte de repères, il y avait là un “jardin” (le jardin de l’Exil), aux plantes inatteignables. Au sol pavés, escarpés de ses diverses élévations. Je me surpris à ressentir un tangage, tel l’information de mes pieds et de mes yeux, refusant de se lier en une représentation unique de l’espace.
Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe
Je n’ai malheureusement pas eu le temps de m’y attarder.
Cependant, il m’offre la même approche d’un monde instable, cerné de caveaux sans noms.
Cette note photographique d’un temps amer, mémoire d’un monde en feu, fut réalisée avec mon téléphone. Non pas par dédain, mais je n’avais que cela avec moi.