Le cafard de Mandelbrot
Face à un pont, un pont de bois comme il en existe mille autres.
Celui-ci, cerné d’une végétation luxuriante, résonne comme un appel.
D’un pas confiant, je m’en approche.
À sa bordure, sa première planche, presque transcendé d’une inexplicable excitation. Je m’arrête, et prends le temps de dévisager la nuit, déshabiller ses étoiles, admirer quelques constellations. Puis, bercé par le vent et l’incessant mouvement des plantes, ma tête se met à tourner, un poids me tire, me pousse à faire un pas de plus. Le pas qui me mènerait enfin à pénétrer ce pont. Le poids, lui, de plus en plus lourd, continuait de me faire avancer. Au milieu du pont, il me délesta et là, face à moi, à mon nez, à mes yeux écarquillés, je vois un cafard. Petite bestiole se promenant, se dandinant sous le ciel. Alors que je le ramassais, pris d’intrigue pour cet insecte, et à mesure que je le soulevais. Il grossissait, encore et encore. Si bien qu’une fois arrivée à hauteur de mon torse, cette étrange bestiole emplissait et même dépassait de ma main. Mais ça ne s’arrêtait pourtant pas là. Car bientôt sa carapace luisait, et de psychédéliques dessins à la Mandelbrot y prenaient vie. Je tendis alors ma main vers les astres, et il s’envola en éclairant tout ce qui lui faisait face de sa tête devenue lumineuse.